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TERRITOIRE

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La Nécrople du Peyrou

Site dans la ville d’Agde – Âge du Fer – fouilles de 1977/1978

Publication : Agde, la nécropole du premier âge du fer, par André Nickels et al., Revue archéologique de Narbonnaise, éditions CNRS, supplément 19, 1989.

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Découverte du site

De nombreuses nécropoles à incinération du premier Âge du feront été mises au jour depuis plus d’un demi siècle en Languedoc occidental, mais celle du Peyrou à Agde reste une référence dans le milieu archéologique. Découverte par Michel Adgé en juillet 1977 à la suite de travaux de viabilité dans un lotissement, les moyens importants mis en œuvre ont permis à une équipe pluridisciplinaire, sous la direction d’André Nickels, de réaliser une fouille exhaustive de la nécropole du premier Âge du fer, une fouille partielle du cimetière du 2ème Âge du fer qui lui était partiellement superposé (une trentaine de tombes à inhumation et incinération), et de 5 tombes gallo romaines. En tout, pour le cimetière le plus ancien (675-600 av JC), ce sont 171 tombes qui ont été étudiées ainsi que 32 groupes de tessons correspondant sans aucun doute à autant de tombes détruites.

Le plan de cette nécropole tel qu’il a pu être restitué nous offre l’image d’un cimetière parfaitement structuré avec de véritables « quartiers » desservis par des axes de circulation. Il révèle de plus la présence de deux secteurs principaux marqués par un léger changement d’orientation des tombes. Des arguments archéologiques (type de vases, présence ou non d’offrandes alimentaires, mobilier métallique) montrent à l’évidence que cette sectorisation est la marque d’une évolution topographique de la nécropole d’ouest en est, sur un demi siècle environ.

Architecture

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Plan et coupe d’une tombe du Peyrou.

Les tombes analysables de la nécropole se répartissent en 82 tombes avec vases d’accompagnement et 89 tombes à simple ossuaire.
Il convient de noter en premier lieu que toutes les dimensions qui ont pu être mesurées à la fouille, épaisseur des murs, des enclos, largeur des voies de circulation, espacement des tombes, dimension des fosses, se révèlent toujours être un multiple de 25,6 cm : peut être utilisait on déjà à cette époque un système de mesure basée sur cette unité qui correspond à la longueur moyenne d’un pied humain.

Nous sommes en présence de véritables « enclos funéraires » à l’intérieur desquels ont été creusées les
fosses des tombes à vases d’accompagnement. Les tombes à simple ossuaire, quelquefois groupées, sont
installées pour leur part à proximité de certaines des tombes précédentes, et toujours dans leur enclos.

Nous avons véritablement l’image de tombes « principales » avec comme satellites des tombes à simple ossuaire regroupées auprès d’elles dans une partie de l’enclos.

Toutes les tombes avec vases d’accompagnement étaient signalées en surface par la présence d’un enclos, de forme rectangulaire ou carrée. Ces enclos en basalte sont formés par un mur périphérique entourant un 8/21 remplissage interne fait de blocs plus petits posés sur une litière de branches qui recouvrent la fosse sépulcrale. Cette couverture de bois et de pierres a chuté plus ou moins rapidement dans l’espace vide de la fosse sépulcrale, quelquefois après un laps de temps suffisant pour laisser le sédiment d’infiltration « noyer » les vases et ainsi les protéger. Les fosses funéraires, peu profondes, ont une longueur comprise entre 0,50m et 2,50m, et une surface allant de 0,30m2 à 4,50m2

Les tombes à simple ossuaire bénéficiaient probablement d’un léger marquage de surface (quelques blocs, une pierre qui fermait la fosse…). La fosse est toujours de petite taille, d’un diamètre à peine supérieur au vase cinéraire qu’elles contenaient.

Le dépôt funéraire

Dans les grandes tombes, les os incinérés sont toujours déposés dans un seul vase ossuaire, en général un vase ouvert recouvert d’une coupe : seules 4 tombes en renferment deux. Ces vases sont en général placés au plus près des voies de circulation, ils renferment dans la grande majorité des cas tous les objets métalliques ainsi que des objets divers : perles, galets, coquillages, pièces en terre cuite.

Le nombre des vases d’accompagnement varie de 1 à 26, les tombes qui en possèdent le plus sont celles qui contiennent deux vases cinéraires. L’agencement de ce dépôt ne doit rien au hasard : près de l’urne cinéraire sont placés le vase à boire personnel du défunt (quelquefois à l’intérieur de celle-ci), les offrandes alimentaires non brûlées (des os de faune brûlés sont placés avec les restes humains brûlés), une ou deux grandes urnes contenant des coupelles, éventuellement une fusaïole…

  • 4 tombes renferment des vases tournés d’importation (3 coupes proto corinthiennes et une oënochoe)
  • 8 vases portent un décor d’impressions ou d’incisions avant cuisson
  • 17 des décors excisés, un seul est peint de chevrons blancs sur le col.Le dépôt funéraire des tombes à simple ossuaire se réduit au vase cinéraire, toujours une urne simple et à son couvercle. Ces tombes ne renferment aucune offrande alimentaire dans la fosse (mais quelquefois des os de faune brûlés dans le vase ossuaire), ni aucune fusaïole. Le mobilier métallique et quelques objets divers, peu abondants, sont déposés sur les ossements incinérés.

Tombes masculines et féminines

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L’analyse fine des éléments déposés dans les tombes ainsi que l’étude anthropologique poussée réalisée par Henri Duday ont permis de déterminer pour un nombre important de tombes le nombre, l’âge et le sexe des sujets incinérés. Certains objets présents dans la tombe sont sexuellement discriminants :

Pour les hommes, lances, pièces de harnachement, couteaux et coutelas, boucles de ceinturon et certains type d’épingles, l’association type masculine étant la présence de 2 couteaux et d’un élément de fixation. Pour les femmes, il existe une plus grande diversité : on retrouve boutons coniques, fusaïoles, anneaux de parure en bronze, anneaux-chaînettes en fer, coquillages, perles, bracelets…

Pour les tombes à vases d’accompagnement, le nombre total de sujets incinérés est de 117, se répartissant de manière égale entre hommes et femmes. Il existe une douzaine de tombes doubles et deux tombes triples. Ces tombes multiples associent souvent un adulte et un enfant, mais aussi dans quelques cas deux adultes du même sexe ou de sexe différent. Probablement seuls quelques enfants à statut social élevé avaient leur place dans la nécropole.

De manière générale, il existe un dépôt d’une quantité aléatoire d’ossements dans le vase cinéraire, mais, bien sûr, le format et le nombre de sujets influent. Les pratiques incinératoires sont identiques entre les tombes avec vases d’accompagnement et les tombes à simple ossuaire.

Pour les tombes à simple ossuaire, la rareté du mobilier d’accompagnement sexuellement discriminant ne permet pas d’étude scientifiquement raisonnable. On peut quand même noter que les enfants y semblent peu représentés, et que les sujets y sont en majorité robustes (hommes ?).

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Pour conclure, les indigènes du royaume des Elysiques sont mentionnés pour la première fois au Vème siècle av JC par Hécatée de Millet, Hérodote les cite dans les participants à la bataille d’Himère vers 480 av JC, mais les données sur ces périodes sont ténues. Toutes les nécropoles du 1er Âge du fer sont rattachées au faciès Grand bassin I de Mailhac, qui est un site audois parfaitement étudié depuis un demi siècle d’abord par Odette et Jean Taffanel, puis plus récemment par des chercheurs comme Thierry Janin. Les données démographiques que l’on peut extrapoler à partir des études scientifiques de la nécropole du Peyrou nous donnent le reflet d’un groupe de 250 personnes environ , dont l’habitat, inconnu, pourrait bien se situer sur les hauteurs de l’actuel quartier de la Glacière. L’agencement de la nécropole, avec les tombes à simple ossuaire qui semblent « satellites » de certaines tombes « plus riches » à vases d’accompagnement, la présence d’un nombre significatif de tombes doubles d’adultes, laissent supposer un groupe où existent de fortes dépendances de certains sujets vis à vis de certains autres. Les 4 vases tournés d’importation retrouvés dans les tombes témoignent des premiers contacts établis par la population indigène de cette zone du Languedoc avec des navigateurs originaires de Grèce de l’est ou d’Italie, et ce quelques décennies avant la création de Marseille et de Béziers. sans-titre-1Bernard Dedet et Martine Schwaller viennent de terminer l’étude de la partie grecque de la nécropole du Peyrou. Elle sera publiée sous peu, ce site aura ainsi été publié entièrement et demeurera encore longtemps une référence pour ces périodes.

Place François Conesa

Site dans la vieille ville d’Agde – VIème siècle avant notre ère jusqu’aux époques modernes – fouille de 1998 1999 Daniela Ugolini.

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Agde, Place Conesa : Bas fourneau pour le travail du fer de lʼAntiquité tardive (Ve s. de notre ère). (Cliché D. Ugolini)

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Premières traces bâties (mur dépassant sous celui dʼune cave moderne) dʼAgde grecque : vers 525-500 av. J.-C. (Cliché D. Ugolini)

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Murs superposés de bâtiments successifs construits entre le Ve et le IIe s. av. J.-C. et témoignant de la continuité du bâti à travers les siècles. (Cliché D. Ugolini)

A l’occasion des travaux de création de la place Conesa à la suite de la démolition d’un ilôt insalubre, deux campagnes de fouille ont eu lieu en 1998 et 1999 sur ce site sous la direction de Daniéla Ugolini. La stratigraphie est imposante, elle se développe sur 5 à 7 m d’épaisseur du milieu du VIème siècle avant
notre ère aux époques modernes.

Au contact de la table basaltique ont été mis en évidence un mur et quelques gros blocs de basalte dessinant une sorte de quadrilatère, peut être un support ou une fondation. La datation de ces structures se situe au dernier quart du VIè siècle av n è. Les restes d’une maison détruite par le feu et datés du Vè siècle av n è sont également présents.

Juste au dessus de la façade de cette maison se situe un grand bâtiment public, modifié à plusieurs reprises entre le IVè et la fin du IIè siècle av n è. Il comportait une longue façade et au moins quatre grandes pièces. 5 ou 6 siècles d’abandon précèdent les premiers niveaux de l’Antiquité tardive dans lesquels on trouve un bas fourneau et, légèrement postérieures, de grandes fosses pour l’exploitation de l’argile (vers 500 av n è).

Puis tous ces niveaux sont nivelés pour faire place à une rue et à une maison à cour centrale de l’Antiquité tardive : 7 espaces aux fonctions différentes ont été vus à la fouille : silos, fosses, meule à grain, foyer… Construite dans la première moitié du VIème siècle, cette maison, qui est un des rares exemples découverts dans la région, est détruite par un incendie vers 600. Le quartier sera réaménagé au XIIème siècle, période dont il ne reste que peu d’éléments, car ce sont les grandes reconstructions des XVIème / XVIIème siècles qui ont mis à mal ces niveaux médiévaux. Plus haut, deux caves du XVIIIème et du XIXème terminent la séquence moderne.

  • La Crouzette

Site situé à 4 kms environ au NE de la ville d’Agde – IIème siècle av notre ère -IIème siècle après notre ère – Fouille de 2001 et 2005 ;

Publication : La Crouzette, un établissement rural antique et son chemin de desserte bordé de tombes par E. Gomez, C. Pardies, J.-P. Cros, dans Archéologie en Languedoc n° 30, pages 111/159, 2008

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