/ Travaux en cours

Église Saint-Sever (Agde)

Époque concernée / Date des fouilles / publication

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Dédiée primitivement à Saint Martin, son premier état date certainement des Vème/VIème siècles.

Elle aurait contenu la sépulture de St Sever, mort vers 500. Des restes humains, attribués au Saint et découverts dans le chœur ont été bouleversés au début des XIXème et XXème siècles. Des travaux et des datations récentes semblent infirmer cette hypothèse.

Malgré beaucoup de vicissitudes, elle a été église paroissiale jusqu’à la Révolution. Elle est rendue au culte au tout début du XIXème siècle.

Edifice cher aux agathois, cette église renferme un magnifique crucifix en bois du début de la Renaissance qui est depuis plus d’une décennie l’objet de recherches poussées pour identifier l’artiste qui l’a sculpté.

Voir le PDF de l’article de J.-C. Rivière qui fait une excellente synthèse sur l’histoire de ce monument et ses diverses phases de construction.

  • Église Notre Dame du Grau (Agde)

Époque concernée / Date des fouilles / publication

Mise en page 1

Synthèse et perspectives d’études sur la sépulture d’Henri Ier de Montmorency

A l’occasion d’une réhabilitation de l’édifice engagée par la Mairie d’Agde, nous sommes intervenus en suivi de travaux sur l’église de Notre Dame du Grau (direction Céline Pardies du service archéologique de la Communauté d’agglomération Hérault Méditerranée, Dr Cros Jean-Paul comme anthropologue). Ce couvent réhabilité par Henri 1er de Montmorency, gouverneur du Languedoc, à la fin du XVIème et début XVIIème siècles, a été occupé par les Capucins jusqu’à la Révolution française. On sait qu’Henri 1er de Montmorency y a été inhumé en 1614.

Ces travaux ont permis de mettre au jour l’ancien chœur de l’église des Capucins du début XVIIème, d’étudier deux caveaux dans deux des six chapelles latérales, et de mettre au jour dans la partie centrale du Eglise Saint Sever, chœur un caveau qui contenait un personnage féminin qui avait été inhumée en cercueil, et dans le remplissage de terre de ce même caveau les restes partiels de deux sujets adultes masculins dont l’un avait eu le crâne scié en post-mortem.

Ce que nous savons de manière certaine selon les sources

Henri I de Montmorency est décédé le 1er (ou 2 ?) avril 1614, à l’âge de 80 ans (né en 1534).
Selon ses volontés, il a été inhumé à l’intérieur de l’église du couvent des Capucins de Notre Dame du Grau. Nous ne savons pas (pour l’instant) de manière certaine la date où il a été mis dans son tombeau. On peut supposer que, comme pour tous les personnages importants, il s’est écoulé plusieurs jours entre la date de son décès et son inhumation vraie1.

On sait qu’un cortège est parti de son domaine de la Grange des Prés de Pézenas, lieu de son décès, pour l’accompagner jusqu’à Notre Dame du Grau. Irène Dauphin, conservatrice des archives d’Agde, a retrouvé des facturettes : on sait donc que les chemins ont été réhabilités (on a du boucher les ornières et régulariser un peu la surface), que du pain a été payé pour les pauvres que l’on a mis à contribution pour la procession, et que des gens ont été recrutés pour l’encadrement. Un cortège de plusieurs centaines de personnes a accompagné la dépouille de l’illustre défunt de Pézenas au couvent de Notre Dame du Grau.

On sait qu’il a été inhumé avec simplicité en habit de Capucin, dans un cercueil en plomb, dans l’église du couvent des Capucins de Notre Dame du Grau.
Les documents précieux d’Etienne – Joseph Sicard nous donnent des informations importantes : il a été
inhumé « au bas des marches de la Sainte Table. On y vit son tombeau jusqu’à la fin de l’année 1792. Il
consistait en un beau bloc de marbre blanc portant en relief ses armoiries et son nom au-dessous de Henri I de Montmorency, connétable de France »….. « Au mois de novembre 1792 le bloc de marbre était déjà déposé. Nous vîmes alors à découvert une fosse d’environ 6 pieds de long sur 2 pieds de large et 3 à 4 pieds de profondeur. Au fond de cette fosse en maçonnerie reposait sur 3 pierres dans un cercueil de plomb les restes de l’illustre défunt . À la tête du cercueil, on remarquait ses armoiries et sa longueur indiquait la haute taille du connétable… »…… « Plus tard, le délire révolutionnaire s’étant accru, le marbre fut enlevé et vendu ; le cercueil fut brisé et fondu pour en faire des balles. Les ossements jetés au fond de la fosse furent recouverts de terre… »….

Les données archéologiques

Le caveau central découvert devant le choeur au milieu de la nef correspond en tous points à la des-
cription qui en a été faite au moment de son saccage à la Révolution (nous avons un texte précis décrivant son saccage daté de 1792, cf. plus haut). Sa position est la même, ses dimensions correspondent (longueur, largeur et profondeur), et il contient bien au fond 3 pierres plantées dans le sol en place. Aucune trace de la dalle en marbre et du cercueil en plomb, ce qui est logique si on se fie au texte de 1792, la dalle de marbre portant les armoiries du Duc ayant été détruite et le cercueil en plomb ayant été récupéré pour fabriquer des balles. Le texte précise bien que les restes humains ont été rejetés dans la fosse.

Ce caveau, fermé par une dalle de calcaire au moment de sa découverte, contenait le squelette en position anatomique d’une femme déposée sur le dos dans un cercueil en bois qui a été lui-même installé sur les 3 pierres du fond (donc dans la même position que celui d’Henri I de Montmorency). Le sol en dalles de calcaire, installé fort probablement autour des années 1830/1840 a été cassé et réaménagé pour rouvrir le caveau, installer cette femme, et poser la nouvelle fermeture par la grande dalle de calcaire. L’église a été propriété privée de cette période jusqu’en 1873, date où la Mairie d’Agde rachète l’édifice. On peut donc dater l’installation de cette dame dans ce caveau entre 1840 et 1873.

Dans le remplissage de terre de ce caveau ont été retrouvés les restes partiels de 2 autres sujets, masculins, âgés. Le seul crâne présent, qui appartient formellement à un des deux sujets, était scié2.
Le sujet qui possédait le crâne scié était mort à un âge assez avancé (supérieur à 60 ans, âge au décès évalué sur dents, crâne et les restes du squelette post crânien), et il mesurait environ 1, 80 m.

Toutes ces concordances nous font dire de manière certaine que nous sommes bien en présence du caveau dans lequel a été inhumé Henri I de Montmorency.
Nous avons ensuite émis l’hypothèse que le sujet au crâne scié pouvait être Henri 1er de Montmorency lui même (sujet masculin, âge au décès avancé, grande taille, et crâne scié pour pratiquer des soins de conservation du corps, pratique fréquente chez les personnages importants compte tenu des délais souvent longs entre la date de leur décès et la date de leur inhumation).

Une première datation C14 (laboratoire CIRAM Bordeaux) nous donne une forte probabilité (98,8%) pour
que ce sujet date du 15ème siècle, 1412 – 1511, et 0,9% qu’il date bien du début 17ème siècle, (fourchette 1601 – 1616).
Une deuxième datation C14 (laboratoire B.Analythic, Londres) nous donne à deux sigmas et 95% de probabilité deux intervalles possibles : 1435 – 1510 et 1600 – 1615.
On peut donc remarquer que les deux datations n’excluent pas que notre sujet soit décédé au début du
XVIIème siècle…, donc que nous soyons bien en présence des restes d’Henri 1er de Montmorency.

Que faire pour aller plus loin ?

On va essayer de déterminer un âge au décès plus précis pour le sujet au crâne scié, par la méthode des anneaux cémentaires : mais les dents restantes sont peu nombreuses et en mauvais état. On va essayer quand même, l’étude est réalisable sur 3 dents.
Mais auparavant, il semble judicieux de tenter une reconstruction faciale : nous possédons le crâne scié, et la mandibule, dont une des branches montantes est détruite, mais facilement reconstituable par symétrie. Nous possédons des portraits du duc Henri 1er de Montmorency qui permettront de comparer.

Cette identification est importante pour notre ville d’Agde et pour l’histoire de la région, compte tenu du statut et du rôle majeur qu’a joué cette famille, et en particulier Henri 1er, dans l’Histoire locale, du Languedoc et la grande Histoire de France.

  • Dolmen de la Planquette

    Au nord du village de Joncels, à 15kms au nord de Bédarieux – Néolithique final – Fouilles : 2005, puis 2006 à 2011- études et publication en cours (Anne Lise Rivière et Jean-Paul Cros).

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Le dolmen de la Planquette, daté autour de 3000 avant notre ère, a été «scellé» par des colluvionnements de pente. Il a pu bénéficier d’une fouille exhaustive, aussi bien pour son architecture, son cairn et ses dépôts funéraires.

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  • Inventaire des collections du dépôt de fouilles.

  • Étude avant publication du site des Jonquiers.